Que veut dire « je ne suis pas prêt pour une relation »?

Entrée n° 043 ·

Sur le perron d’une maison en rangée, pendant un party d’automne animé, une jeune femme d’environ vingt-deux ans, en coton ouaté ample et uni, jeans larges et espadrilles, rit, assise entre deux amis de son âge, dont l’un, coiffé d’un bonnet rose profond, lui tend un verre, tandis que, par la porte ouverte derrière eux, un gars de son âge qui lui plaît, en t-shirt uni, se retourne vers elle depuis le couloir chaleureux et bondé.

Par L’équipe IF

Quand quelqu’un te dit qu’il n’est « pas prêt pour une relation », ça revient en général à l’une de deux choses, et les mots seuls ne te diront pas laquelle. Soit cette personne traverse une période où elle ne peut s’engager avec personne — une rupture récente, un deuil, un travail épuisant, une année difficile —, soit c’est la façon la plus douce qu’elle a trouvée de te dire qu’elle ne veut pas de relation avec toi pour l’instant. Dans les deux cas, elle ne t’offre pas de relation aujourd’hui. C’est un « pas maintenant », pas forcément un « jamais », et attendre ou non, c’est à toi de voir. Si tu attends, le plus sain est de dire ce que tu ressens une fois, puis de continuer à vivre ta vie.

Si tu retournes la phrase dans tous les sens en cherchant la version où elle voudrait dire « pas encore », tu n’es ni naïf ni le seul dans ce cas. Elle fait partie d’une famille d’expressions, avec « ce n’est pas le bon moment » et « peut-être dans une autre vie », toutes gentilles et toutes floues, et c’est de ce flou que viennent les heures à te poser des questions. La question la plus utile, c’est ce que tu veux faire maintenant qu’on te l’a dit.

Parfois, ce « pas prêt » concerne en réalité quelqu’un d’autre : la personne est en couple, ou c’est toi qui l’es. Il existe alors une troisième voie, entre attendre en silence et réclamer une réponse : IF, l’appli de rencontres que nous avons créée pour tout le monde, célibataire ou en couple, te permet de le dire une fois, dans un message privé et scellé qui ne s’ouvre que si vous êtes un jour célibataires tous les deux. Aucune conversation ne peut s’ouvrir sur IF tant que l’un de vous est en couple. Si un jour le moment s’y prête, tu seras déjà là pour lui montrer à quel point elle t’a toujours plu.

Ce que « pas prêt pour une relation » veut dire, le plus souvent

Cette phrase recouvre plusieurs messages différents. La plupart du temps, c’est l’un de ceux-ci :

  • « Je ne suis prêt pour personne. » Une vraie période de vie : la personne sort tout juste d’une relation, est en deuil, en plein divorce, à bout de forces ou traverse quelque chose dont elle ne t’a pas parlé. L’obstacle, c’est sa vie, pas toi.
  • « Je ne suis pas prêt pour ça, avec toi. » Un refus en douceur. Tu lui plais, ou elle aime te plaire, mais pas assez pour vouloir une relation maintenant, et elle préfère ne pas le dire franchement.
  • « J’en veux une partie, mais pas tout. » Elle apprécie la proximité, l’attention ou le côté physique, mais pas l’engagement, l’étiquette ni les projets.
  • « Je ne sais pas ce que je veux. » Une vraie ambivalence. Ce n’est pas un non, mais ce n’est pas encore un oui, et personne ne peut trancher à sa place.

Être prêt n’est pas une excuse inventée. Les psychologues ont étudié ce qu’ils appellent la disposition à s’engager et, dans des études menées auprès d’adultes célibataires, les personnes qui se sentaient plus prêtes s’intéressaient davantage à une relation intime et étaient plus enclines à en chercher une activement. Quand quelqu’un te dit qu’il n’est pas prêt, il décrit peut-être quelque chose de vrai sur sa vie en ce moment.

Mais la phrase est aussi populaire pour une raison moins confortable : elle épargne à la personne qui la prononce une phrase plus difficile. Dans une étude classique sur l’amour non réciproque, les personnes éconduites croyaient souvent que l’attirance avait été mutuelle et que le refus ne leur avait jamais été signifié de façon nette, tandis que celles qui avaient éconduit se sentaient souvent coupables d’avoir blessé quelqu’un. Une formule douce protège de cette culpabilité la personne qui la prononce. Mais elle laisse aussi la personne qui l’entend percevoir une porte qui n’est pas tout à fait fermée.

Vraiment pas prêt ou refus en douceur : comment faire la différence

Tu ne peux pas lire dans les pensées de quelqu’un, et tu n’en as pas besoin. Ce qui se passe ensuite est souvent plus honnête que les mots. Il est plus probable que la personne ne soit vraiment pas prête quand :

  • Elle donne une raison précise — un divorce encore en cours, un parent malade, une rupture il y a deux mois — et cette raison reste la même à chaque fois.
  • Elle prend du recul avec les rencontres en général, pas seulement avec toi.
  • Elle te dit honnêtement qu’elle ne peut rien promettre, au lieu de te laisser combler les blancs.
  • Elle garde les choses claires entre vous, au lieu d’être chaleureuse une semaine et distante la suivante.

Il est plus probable que ce soit un refus en douceur quand :

  • La raison est floue, ou change chaque fois que tu poses la question.
  • Elle est toujours active sur les applis de rencontres, ou voit quelqu’un de nouveau en quelques semaines.
  • Elle veut continuer à t’écrire, à flirter ou à coucher avec toi, selon ses conditions et sans mettre de mot dessus.
  • Elle se manifeste surtout quand tu as commencé à prendre tes distances.

Le cas le plus dur, c’est quand quelqu’un te dit qu’il n’est pas prêt et qu’un mois plus tard, il est avec quelqu’un d’autre. Ça peut ressembler à un mensonge. Parfois, c’était une vérité sur vous deux; parfois, l’envie de s’engager est simplement arrivée et elle est tombée sur la personne qui était là. Dans tous les cas, ce que tu as ressenti n’en est pas moins réel, et si tu crois toujours que c’est la bonne personne au mauvais moment, un IF te permet de le lui dire et de le laisser en attente pendant qu’elle est avec quelqu’un, au cas où sa situation changerait un jour.

Même un « pas prêt » sincère ne promet pas que, le jour où cette personne sera prête, ce sera pour toi. Il ne promet pas non plus le contraire.

« Ce n’est pas le bon moment » : un problème de calendrier concret?

S’il t’a dit « ce n’est pas le bon moment » (ou si c’est elle, ou qui que ce soit), la phrase place l’obstacle en dehors de vous deux, dans le calendrier, là où personne n’est fautif. Parfois, l’obstacle est exactement là : un déménagement déjà prévu, un poste à l’étranger, une année de traitement, une rupture encore à vif. Parfois, c’est simplement la façon la plus gentille de dire non sans expliquer pourquoi.

Le test, c’est de savoir si le problème est concret. Un vrai problème de calendrier peut en général se décrire : ce qui ne va pas maintenant, et à peu près quand ça pourrait changer. « Je pars m’installer à Lisbonne en mars » est un problème de calendrier. « Ce n’est juste pas le bon moment pour moi » est un ressenti auquel on a donné le nom d’un problème de calendrier. Si tu veux savoir lequel des deux tu entends, demande une fois, avec douceur : « C’est le moment, ou c’est nous? Je préfère savoir. » Si la personne répond, crois-la; si elle préfère ne rien dire, c’est aussi une réponse, et tu n’as pas besoin de redemander.

Ne pas demander a aussi un prix. Des chercheurs qui ont suivi semaine après semaine 135 couples qui sortaient ensemble ont constaté qu’éviter la discussion sur la relation une semaine était suivi de plus d’incertitude la semaine suivante. Le silence éclaircit rarement quoi que ce soit. Une question gentille et directe, si.

Si le problème de calendrier est une rupture dont la personne se remet encore, l’écart entre tout juste célibataire et prêt à faire des rencontres est un sujet à part, traité dans combien de temps attendre après la rupture de quelqu’un avant de lui proposer un rendez-vous.

« Peut-être dans une autre vie » : une porte fermée pour l’instant

De toutes les phrases de cette famille, « peut-être dans une autre vie » est celle qui sonne le plus romantique, et souvent la plus ferme sur le présent. Elle arrive en général quand il y a un obstacle qui ne bougera pas pour l’instant — un partenaire, un mariage, une foi, une famille, une vie déjà construite ailleurs — et, souvent, de vrais sentiments à côté. Elle reconnaît un lien et ferme la porte au présent dans le même souffle.

C’est pour ça qu’elle peut faire plus mal qu’un simple non : elle semble confirmer que le sentiment n’était pas imaginaire, et souvent il ne l’était pas. En réponse à « est-ce qu’on pourrait, maintenant? », elle veut dire « pas maintenant », et elle mérite le respect, pas un débat.

Mais la vie est longue, et les obstacles qui paraissent définitifs à vingt-cinq ans ne sont pas toujours là à trente. La notion coréenne d’in-yun, la providence qui relie les personnes dont les chemins se croisent, est bâtie précisément autour de ce pincement au cœur, et ce que veut dire in-yun l’explore. Si ce qui fait obstacle est une relation, la sienne ou la tienne, un IF te permet de le mettre en mots maintenant et, si cette autre vie arrive un jour dans celle-ci, la personne le saura. Il attend, scellé, jusqu’à ce que vous soyez célibataires tous les deux, et aucune conversation ne peut s’ouvrir sur IF tant que l’un de vous est en couple. Un IF est fait pour un « pas maintenant » comme celui-là. Un non clair, ou une demande d’espace, c’est différent, et la réponse respectueuse dans les deux cas, c’est d’arrêter.

Que veut dire « si les choses étaient différentes »?

« Si les choses étaient différentes » est un proche cousin, un peu plus révélateur. La phrase te dit qu’il y a une condition, et que cette condition appartient à l’autre : sa relation, sa situation, ses projets. Ce qu’elle ne dit généralement pas, c’est que la personne compte y changer quoi que ce soit. Les gens sur le point de changer de vie le disent en général au présent. Ceux qui disent « si les choses étaient différentes » te disent, gentiment, que pour l’instant les choses sont ce qu’elles sont. Mais les choses changent, à leur propre rythme. Et quand cette condition est une relation, c’est exactement ce pour quoi un IF est conçu : tu le dis maintenant, scellé, et il ne s’ouvre que si les choses deviennent vraiment différentes et que vous êtes célibataires tous les deux.

Pas prêt pour une relation, mais tu lui plais?

Les deux peuvent être vrais en même temps. Apprécier quelqu’un et être prêt à construire une relation sont deux choses distinctes. Les problèmes commencent quand le « pas prêt » s’accompagne de tout ce qu’une relation comporte, sauf le nom : les messages quotidiens, les nuits ensemble, l’attente que tu restes disponible. Ce n’est pas une pause. C’est une relation aux conditions d’une seule personne et, si ça te parle, comment définir une situationship ou en sortir est écrit pour toi.

Ça aide aussi de comprendre pourquoi les signaux contradictoires sont si difficiles à lâcher. Dans une expérience, les participants étaient davantage attirés par des personnes dont les sentiments à leur égard étaient incertains que par des personnes dont on leur avait dit qu’elles les appréciaient beaucoup. L’incertitude te fait penser à quelqu’un sans arrêt, et y penser peut finir par ressembler à la preuve que ça veut dire quelque chose. Souvent, ça veut seulement dire que tu ne sais pas encore.

Alors décide ce que tu veux, et dis-le simplement, sans ultimatum : « Tu me plais, et je veux une relation. Si ce n’est pas ton cas, c’est correct, mais je vais prendre du recul pour l’instant. » Ensuite, fais ce que tu as dit, et laisse la porte ouverte.

Devrais-tu attendre quelqu’un qui n’est pas prêt?

Tu peux. Attendre quelqu’un qui te semble être la bonne personne au mauvais moment n’a rien de stupide; c’est de l’espoir, et l’espoir est permis. Ce qui compte, c’est la façon dont tu attends. Attendre est en général sain quand :

  • Tu dis ce que tu ressens une fois, clairement — en face, ou dans un IF si l’un de vous est en couple — puis la balle est dans son camp.
  • La personne peut te dire à peu près pourquoi elle a besoin de ce temps, ou tu comprends toi-même l’obstacle.
  • Tu continues à vivre ta vie en attendant : tes amis, tes projets, rencontrer d’autres personnes si tu en as envie.
  • Tu pourrais vivre avec, si au bout du compte la réponse restait non.

Convaincre quelqu’un d’être prêt marche rarement. Des chercheurs de l’université Purdue ont constaté que les personnes qui se sentent moins prêtes à s’engager alors qu’elles sont en couple ont moins tendance à agir de façon à soutenir leur relation. On peut en déduire que quelqu’un qu’on pousse dans une relation pour laquelle il ne se sent pas prêt risque fort de s’y investir à moitié. L’envie de s’engager doit venir d’elle-même.

Tu peux laisser la porte ouverte sans camper sur le seuil. « Je comprends. Je ne vais pas mettre ma vie en pause, mais si les choses changent pour toi, ça me fera plaisir d’avoir de tes nouvelles. » Dis-le, puis masque ses stories pendant un temps si les regarder ravive la blessure; et si la personne t’a demandé de l’espace, laisse-lui-en. Notre guide sur la bonne personne au mauvais moment approfondit la différence entre une période passagère et un obstacle durable.

Si le vrai obstacle, c’est que la personne est avec quelqu’un d’autre, les seules limites sont l’infidélité et le mensonge : tu ne t’immisces pas, et rien de ce que tu fais n’a besoin d’être caché ni n’oblige à mentir. Tu peux quand même le lui dire, mais te déclarer en face comporte de vrais risques : ça la met au pied du mur au sein d’une relation qu’elle a choisie, et c’est irréversible. Tu as peut-être plus intérêt à le dire dans un IF, pour que, si un jour le moment s’y prête, tu sois là pour lui montrer à quel point elle t’a toujours plu. Devrais-tu attendre quelqu’un qui est en couple? va plus loin. Et si, des mois plus tard, une conversation prend encore toute la place dans ta vie, en parler avec quelqu’un peut aider.

Où IF trouve sa place

IF est une appli de rencontres pour tout le monde, célibataire ou en couple, pensée pour l’écart entre ce que tu ressens et le moment où tu peux agir. « Pas prêt » n’est pas un statut sur IF : il y en a deux, célibataire et en couple, et chacun choisit le sien. Deux célibataires utilisent IF comme n’importe quelle appli de rencontres : un Like, une fois accepté, ouvre une conversation, et accepter reste toujours le choix de l’autre.

Quand l’un de vous est en couple, tu peux envoyer un IF : un message privé et scellé de 250 caractères maximum, qui ne s’ouvre que lorsque vous êtes célibataires tous les deux. Si tu es célibataire et que l’autre le devient alors que tu l’es toujours, tu as 24 heures pour le révéler, ou tu peux le laisser expirer et il restera caché pour de bon. Si c’est toi qui es en couple et que l’autre est célibataire, il se révèle quand tu passes toi-même ton statut à célibataire. Aucune conversation ne s’ouvre jamais sur IF tant que l’un de vous est en couple. Comment fonctionne un IF couvre toutes les situations.

Bon à savoir sur la façon dont il arrive : la personne peut être prévenue qu’un IF l’attend, mais jamais de qui il vient ni de ce qu’il dit tant qu’il n’est pas révélé, même si l’on peut parfois deviner d’après le contexte. Maintenant que tu le sais, le choix t’appartient.

Si un « pas prêt » t’a laissé avec une phrase que tu n’as jamais pu dire, et que c’est une relation qui fait obstacle, la sienne ou la tienne, un IF te permet de la dire une fois, honnêtement, avec tes propres mots, puis il se charge d’attendre pendant que tu vis ta vie. Ce n’est pas un moyen de contester sa réponse; c’est un moyen de mettre ta version noir sur blanc, pour que, le jour où vous serez célibataires tous les deux, il lui montre depuis combien de temps tu le ressens. Peut-être qu’il te mènera là où tu étais censé être depuis le début. Ton premier IF est gratuit, et comment envoyer l’IF parfait t’aidera à trouver les mots.

Les questions qu’on se pose

« Pas prêt pour une relation », ça veut dire jamais?

Non. Ça veut dire pas maintenant, et le fait d’être prêt change réellement à mesure que la vie change. Aucune promesse n’y est attachée, alors continue à mener ta vie en attendant de voir ce qui se passe; si la personne devient prête et te veut toujours, elle pourra te le dire.

Qu’est-ce que ça veut dire quand un gars dit qu’il n’est pas prêt pour une relation?

La même chose que quand n’importe qui le dit : une vraie période de vie ou un refus en douceur, et dans les deux cas pas de relation avec toi pour l’instant. S’il le dit tout en se comportant comme ton chum (les textos du matin, les fins de semaine chez lui), il veut peut-être les aspects d’une relation qui lui plaisent sans l’engagement; les gens de tous les genres le font. Tu as le droit de mettre un mot dessus et de demander ce que tu veux. Ensuite, crois à la fois ses mots et ses comportements, pas seulement l’affection.

La personne reviendra-t-elle quand elle sera prête?

Parfois. Des gens reviennent après une période difficile, et certaines de ces histoires finissent bien. Souvent, pourtant, quelqu’un qui devient prêt commence une histoire avec la personne présente dans sa vie à ce moment-là, ce qui est une bonne raison de laisser la porte ouverte avec gentillesse plutôt que de la claquer. Si la personne est avec quelqu’un d’ici là, un IF peut attendre le jour où le moment tournera. Espère-le, et continue de construire une vie qui te plaît, quoi qu’il arrive.

Comment répondre quand quelqu’un te dit qu’il n’est pas prêt?

Brièvement et gentiment, sans discuter : « Merci pour ta franchise. Je comprends. » Tu n’as pas à accepter d’attendre ni à décider quoi que ce soit sur le moment. Ensuite, accorde-toi le droit d’en être triste.

Comment savoir si c’est toi qui n’es pas prêt?

Si tu gardes quelqu’un à distance tout en profitant de son attention, si tu compares encore tout le monde à un ex, ou si ses projets pour vous deux te pèsent plus qu’ils ne te font plaisir, c’est peut-être toi qui n’es pas prêt. Dis-le clairement et tôt. C’est plus gentil qu’un éloignement progressif, et ça permet à l’autre de décider en connaissance de cause.

La bonne personne, au mauvais moment? Attends-la sur IF.